16 septembre 2008
Matrix sur France-culture
Lecture en cours : Irvine Welsh, Porno
En ce moment même sur France-culture, une discussion très intéressante autour du film Matrix, dans le cadre d'un cycle Philosophie du cinéma, ou cinéma de la philosophie. C'est dans l'émission de Raphaël Enthoven, Les nouveaux chemins de la connaissance. C'est podcastable, pour les gens modernes qui veulent écouter la TSF en faisant leur jogging : Le site de l'émission
J-F S.
29 mars 2007
La Cité interdite
Un p'tit post limite hors-sujet, en passant (mais comme je suis le seul maître à bord, je m'autorise cet écart...) : je suis allé voir La cité interdite, le dernier film de Zhang Yimou. Un peu à reculons, je dois l'avouer. Il faut dire que, pour les trois précédents opus (opi ?) du Maître (Shanghai Triads, Heros et Le secret des poignards volants), je m'étais emmerdé comme un footballeur au salon du livre.
Mais bon, il y avait Gong Li au générique... Et puis Positif en disait du bien. Et quand Positif encense un film, c'est au moins que celui-ci est intéressant (pas forcément bon, mais intéressant).
Et bien m'en a pris ! Je ne me suis pas ennuyé une seconde pendant les deux heures et quelques que dure ce film. Déjà, on en prend plein les yeux. Une véritable prouesse de mise en scène dans les mouvements de foule, une façon de faire vivre la cité impériale comme lieu de culte permanent... Et des costumes ! Impressionants (et pas seulement parce qu'ils mettent en valeur les charmes de Gong Li)...
L'histoire, pleine de trahisons, de revirements, d'assassinats... est classique, mais on accroche avec le plaisir fasciné qu'on a à suivre les grandes tragédies ou les pièces de Shakespeare.
Pour finir, un point m'a particulièrement touché. Même si ça n'est pas dit officiellement, je suis persuadé (et la lecture de Positif m'a conforté dans cette impression) que la bataille qui clot le film est une évocation à peine cryptée du massacre de la place Tian-An-Men de 1989 : jeunesse prise au piège et littérallement écrasée sous des "blindés" (les grands boucliers des troupes loyalistes), tir de mitrailleuses (les archers) sur les insurgés, exécution des derniers rebelles... Et, bien entendu, le simple fait que le combat se déroule à quelques mètres de la fameuse porte de la paix céleste (Tian-An-Men, pour ceux qui ont arrêté le chinois avant la classe de quatrième) qui clot la zone sud de la cité interdite.
J-F S.
Bug
Bon, j'avais dit tantôt que je parlerai de Bug, le film de William Friedkin. Finallement, il n'y a pas grand chose à en dire de ce film. Ce n'est pas mauvais, certe. Même plutôt bien mis en scène, et deux très bons numéros d'acteur. Mais voila... Une fois qu'on a compris de quoi il en retournait (pour ceux qui n'ont pas renouvelé leur abonnement à Studio, il s'agit d'un type qui débarque chez une jeune femme un peu paumée et lui explique que le gouvernement a fait des expériences sur lui et l'a farci de petits capteurs et autres insectes piégés pour mieux l'espionner), il ne reste que ça : les numéros d'acteurs. Qui jouent deux psychopathes dont l'un va contaminer l'autre avec sa paranoïa.
Bref, pas grand chose de plus qu'un exorciste de style (s'cusez-moi, j'ai pas pu m'empêcher... et pour ceux qui sont toujours abonnés à Studio mais qui ne font que regarder les photos, c'est pour ça.)
Bon, il y a quand même quelques points qui devraient titiller l'amateur de SF, dans tout ça. En premier lieu, de nombreuses scènes qui rappellent les magnifiques premières pages de Substance Mort de Philip K Dick, où un drogué en pleine crise ne cesse de se laver, se croyant couvert d'insectes. Scène très bien rendue dans l'étonnante adaptation de ce bouquin par Richard Linklater, a scanner darkly. Et puis l'enfermement progressif (réel, dans le studio, et mental, dans leur folie commune) des deux protagonistes m'a aussi fait penser au très impressionnant livre de Claude Ecken, Enfer clos.
Pour finir, je découvre (peut-être suis-je le dernier...) qu'il y a de bons articles sur le cinéma dans Wikipedia, dont un consacré à Bug, justement. Dingue, non ?
J-F S.
13 novembre 2006
Labyrinthe de Pan
Lecture en cours : Kirsten Bishop, Aquaforte.
Vu il y a une quinzaine de jour, le Labyrinthe de Pan (El Laberinto del Fauno) de Guillermo del Toro confirme l'intérêt de ce cinéaste, après l'excellent Hellboy (d'après imdb, la suite est en pré-production !).
Ce très beau film (tant par l'histoire que par les décors) entrecroise deux histoires : d'un côté, la vie d'une petite fille espagnole en 1944, dont la mère, veuve, vient de se remarier avec un officier franquiste sadique (incarné avec brio par un Sergi Lopez qui confirme son talent dans des rôles de méchants, après Dirty pretty things). D'un autre côté, les fantasmes de la fillette qui s'imagine princesse d'un monde fantastique peuplé de faunes et de monstres.
Il y a un côté Calvin & Hobbes dans cette façon de montrer "de l'intérieur" comment réél et fantasme se mélangent dans la tête de l'enfant, mais en beaucoup plus noir.
J-F S.
13 mars 2006
V pour "Vivement le 17 mars" ?
Lecture en cours : Terry Pratchett, Masquarade.
Je viens de tomber sur un intéressant article du Time à propos de la future sortie de V for Vendetta,
l'adaptation wachowskienne de l'excellente BD d'Allan Moore. Sans
préjuger de la qualité du film (j'ai déjà dit tantôt les craintes que
m'inspirait la présence, au scénario, des Laurel et Hardy du mythe de
la caverne en imperméable de cuir), l'article souligne un aspect
intéressant : comment va être accueilli, dans notre monde post-11
septembre "signalez-nous tout colis suspect" war against the Evil, le personnage "pré 11-septembre" de terroriste pour la bonne cause imaginé par Moore ?
Je
cite le début de l'article du Time (traduction approximative par mes
soins) : << Est-il possible, pour un grand studio hollywoodien,
de sortir une production de 50 millions de dollars dont le héro est un
terroriste ? Un terroriste que l'on montre portant la ceinture
d'explosifs des auteurs d'attentats-suicides, et qui proclame haut et
fort [...] que "faire exploser un bâtiment peut changer le monde" ?
>>.
Voila qui sera sans doute un peu plus intéressant que le
tartignolesque débat sur la main de Marie-Madeleine dans la culotte du
zouave de Nazareth qu'on nous annonce pour la sortie du Da Vinci Code.
J-F S.
22 décembre 2005
La vérité nue
Après mon message d'hier, je suis allé voir le dernier film d'Atom Egoyan, la vérité nue (Where the truth lies). Comme quoi, j'ai de la suite dans les idées !
Ça
n'a pas grand chose à voir avec la SF (quoique, certaines séquences
sous acides et le recours à une juxtaposition de points de vue
subjectifs qui amènent à douter de la réalité peuvent faire penser à
certains romans de Dick...), mais c'est un excellent film pour tous
ceux qui apprécient les ambiances oniriques et glauques à la fois des
précédents films d'Egoyan, en particulier celles d'Exotica.
Si
la mise en scène hyper-travaillée est ce qui marque le plus, le film
vaut aussi pour son évocation mordante du show-biz, en particulier
grace aux deux acteurs masculins qui incarnent un duo de comique de la
télévision que le public a oublié. Et puis, malgré quelques
invraisemblances, le scénario est bien accrocheur, bien sombre et
tortueux.
Voila un film qui m'a consolé d'avoir perdu du temps et de l'argent devant le dernier Harry Potter !
J-F S.
21 décembre 2005
Pop-corn
Les cultivateurs de mais se frottent les mains, le pop-corn coule à flots ininterrompus... Après Harry Potter et ses poussées d'acnées, King-Kong et Narnia passent à l'attaque !
J'ai vu par inadvertance le quatrième volet des aventures du jeune balafré. Une fois de plus, un profond ennuie m'a gagné au bout d'une demi-heure. L'univers, qui surprenait agréablement lors du premier épisode, n'arrive plus à séduire, tant il paraît maintenant banal et morne. Le scénario obéit toujours au même schéma éculé (et à la fin, ô surprise, on découvre que c'est "Machin" qui était le traître...). Reste l'apparition des premiers troubles adolescents chez les protagonistes. Mais le sujet est traité avec une telle lourdeur ("les garçons sont timides, les filles aussi, comment vont-ils faire pour niquer s'embrasser ?") que, par comparaison, un épisode de Buffy the Vampire Slayer passe pour une thèse de pédo-psychologie.
Échauder par le boutonneux de Poudlard, je pense aussi m'abstenir pour King-Kong (de toute façon, je sais déjà que le héro meurt à la fin) et pour Narnia (pas un sou pour les bigots !).
Heureusement, au milieu de cet océan d'hollywooderies surnagent quelques îlots de réconfort : aujourd'hui, en plein Narnia-day, sortent les derniers films d'Abel Ferrara et d'Atom Egoyan. La semaine n'est pas fichue !
J-F S.
18 novembre 2005
Utopiales - 2 : Nothing
Cette année, je n'ai pas eu trop le temps d'aller dans les salles de cinéma du festival. J'ai, en particulier, loupé le film dont Neil Gaiman avait fait le scénario (Mirrormask ?), mais il paraît que la salle était comble bien avant le début de la projection.
J'ai par contre eu l'occasion de voir l'excellent Nothing, de Vincenzo Natali. Ce monsieur est surtout connu pour l'excellent thriller kafkaïo-futuriste Cube (à ne surtout pas confondre avec l'indigente daube que fut la suite, Hypercube, réalisée par un tâcheron dont la décence m'interdit de me souvenir).
Après un thriller classique et un peu poussif, vaguement dickien, Cypher, Natali revient au film totallement déjanté, poussant jusqu'à l'absurde une idée toute simple : deux types, losers de bases, genre nerds apathiques d'une anonyme banlieue canadienne, sont brusquement doté du pouvoir de faire disparaître tout ce qui leur déplait.
Tout cela finira mal, dans un grand vide annoncé par le titre, après une nouvelle et hilarante illustration de "l'enfer, c'est les autres" de Sartre.
Le film date de 2003 mais était inédit en France, pour autant que je sache. Peut-être son passage à Nantes lui permettra-t-il de sortir enfin chez nous ? À noter, pour les rustres et les philistins qui se barrent des salles de cinéma avant la fin du générique, une dernière scène post-générique à ne pas manquer.
J-F S.
28 octobre 2005
Serenity
Lectures en cours : Le goût de l'immortalité, de Catherine Dufour ; Uruad, de Jean-Christophe Issartier
Vu
hier soir le film de Josh Whedon, tiré de sa série (qui n'aura vécu
qu'une petite saison aux USA) Firefly. Du space-opera classique, avec
des ambiances de western au milieu (on pense parfois à la scène de la
taverne de Mos Esley dans Star Wars...). Les effets spéciaux font
parfois un peu au rabais, les scènes de combat sont un peu molles, mais
le film est servi par des personnages attachants, de bons dialogues et
un scénario plutôt bien fichu, même s'il n'est pas d'une originalité à
se rouler par terre.
Whedon est davantage un bon scénariste qu'un
bon réalisateur, et même ses tentatives de prouesses stylistiques (un
plan-séquence de près de cinq minutes en début de film) ne font pas
oublier le côté téléfilm de la réalisation.
Reste que, pour ceux qui
ont apprécié la qualité des scénarios de Buffy the Vampire Slayer
(j'en
suis), on retrouve la patte de l'auteur. Quelques clins d'oeil à la
jolie blonde de Sunnydale sont d'ailleurs présents dans le film : on
reconnaît dans le personnage de River le goût de Whedon pour les jeunes
filles expertes en arts martiaux. Plus drôle encore, le robot sexuel de
Mister Universe ressemble trop à Sarah Michelle Gellar pour que ça ne
soit qu'une coïncidence !
Au-delà de ces aspects geek, le scénario
manipule quelques idées intéressantes. Bien sûr, la trame de base est
celle de l'individu qui lutte contre l'autoritarisme du gouvernement
central, avec en pré-générique une charge carricaturale contre la
colonisation et l'impérialisme. On dirait parfois la propagande
officielle chinoise justifiant l'annexion du Tibet, mais la cible de
Whedon est sans doute davantage le gouvernement fédéral américain. 
Plus
intéressant est le personnage du tueur envoyé sur les traces de
l'équipage de Mal. Son discour, lorsqu'il justifie ses meurtres par la
nécessité de créer un monde meilleur, semble faire écho à la fois au
terrorisme d'inspiration religieuse, style Al-Qaeda, et à la "croisade
du Bien contre le Mal" version Bush. Il est typique des "méchants" à la Whedon : joué par un acteur a priori plus dépourvu de charisme qu'une huître introvertie, il a suffisament de psychologie, de complexité et de dialogues pour en faire un personnage à la fois inquiétant et attachant, en même temps archétype du grand méchant et pourtant pas du tout monolithique.
Tiens, pour finir sur Buffy. Entendu ce matin sur France-Culture, dans la chronique de l'inepte Slama. "Buffy et les vampires" (sic) serait l'un des exemples de l'importance de la superstition et autres "peur du diable" aux USA par rapport à la cartésienne France. Si ce couillon de chroniqueur sortait parfois son nez des pages du Figaro ou des oeuvres complètes d'Aron, il aurait pu s'appercevoir que, dans Buffy comme dans beaucoup de films ou romans du même genre, le fantastique n'a qu'une valeur de métaphore. Il y a parfois des coups de pieds occultes qui se perdent...
J-F S.
20 septembre 2005
H2G2
Vu. Bof.
Le film n'est pas mauvais en soi. Il est, comme le disait effectivement RMD, très fidèle au bouquin. Trop, en fait. L'essentiel du ressort comique, dans le guide du routard galactique, tient aux inventions de Douglas Adams, aux idées loufoques et géniales qui s'enchainent les unes aux autres... Voir au cinéma ce qu'on a lu n'apporte alors rien.
Bref, un film utile aux analphabètes, les autres ont tout intérêt à se tourner vers le roman...
J-F S.