Petite anecdote des Utopiales qui se sont déroulées à Nantes il y a quinze jours. Une table ronde était organisée sur "la crédibilité scientifique dans le space-opera". Autour de l'animateur, l'incontournable JC Dunyach, Sylvie Denis, Gérard Klein et Gregory Benford.
Le débat ronronne doucement, entre les tenants d'un minimum de rigueur scientifique comme condition nécessaire à la "suspension of disbelief" et ceux qui pensent qu'on peut violer la science si c'est pour lui faire de beaux enfants.
Et voilà que Greg Benford, au détour d'un développement sur la science et l'histoire, balance un définitif : "c'est pour ça que je n'aime pas la fantasy, c'est un genre qui fonctionne sur la nostalgie" (traduction approximative de ma part). Tout de suite, je me dis que je vais aimer cet homme (même si son Dans l'océan de la nuit m'était tombé des mains). Ca bruisse sur l'estrade et dans le public, les camps se forment, on commence à creuser les tranchés.
Arrivent les inévitables "questions du public". Evidemment, la problématique de la science est rapidement évacuée et la chasse à l'Anglais est déclarée ouverte. La contre-attaque du camp des dragons est menée par une jeune femme qui, sérieuse comme un conclave de magiciens un soir de pleine lune, déclare que le monsieur a tort, la fantasy n'est pas un genre nostalgique, mais plutôt "un genre traditionaliste".
Forcément, dit comme ça, ça fait tout de suite davantage envie...


J-F S.